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Hongrie-Des journalistes du service public réclament une liberté éditoriale après la victoire de Magyar
information fournie par Reuters 16/04/2026 à 12:23

par Krisztina Than

Près d'une centaine de journalistes de l'agence de presse nationale hongroise MTI ont exigé le rétablissement immédiat d'une couverture médiatique impartiale en Hongrie après la victoire de Peter Magyar aux élections législatives, montre une lettre obtenue par Reuters.

"Notre objectif est que l'autonomie éditoriale de l'agence de presse nationale soit rétablie", écrivent les journalistes dans une lettre datée du 15 avril et adressée à Anita Altorjai, directrice générale de Duna Médiaszolgáltató Zrt, la holding regroupant les médias publics, et à Daniel Papp, directeur général de MTVA, responsable de la production de contenus.

"C'est à nous qu'il doit revenir de décider quels événements nous couvrons et de déterminer la structure de nos reportages, conformément à nos propres principes professionnels."

Peter Magyar, dont le parti de centre-droit Tisza a remporté une victoire écrasante lors des élections du 12 avril, s'est engagé à suspendre la diffusion des informations par les médias publics jusqu'à ce qu'une couverture médiatique impartiale puisse être garantie.

Le Premier ministre Viktor Orban, défait lors des élections législatives, avait progressivement modelé les médias publics à son image après son arrivée au pouvoir en 2010. Les médias publics hongrois, dont l'agence MIT, étaient accusés d'être devenus des porte-paroles du gouvernement.

Duna Médiaszolgáltató Zrt et MTVA n'ont pas répondu aux questions de Reuters dans l'immédiat.

"UN DÉFI DE TAILLE"

Peter Magyar a déclaré que son futur gouvernement, fort d'une majorité des deux tiers au Parlement, adopterait une nouvelle loi sur les médias, mettrait en place une nouvelle autorité des médias et "créerait les conditions professionnelles permettant aux médias d'État de remplir réellement leur mission".

"Chaque Hongrois mérite des médias de service public qui diffusent la vérité", a-t-il dit mercredi à la radio publique Kossuth, où Viktor Orbán était invité chaque semaine.

Les analystes des médias estiment que cette tâche constitue un défi majeur, qui pourrait façonner le paysage médiatique hongrois pour longtemps.

"Le nouveau gouvernement a une occasion unique de commencer à remédier à la crise des droits en Hongrie en rétablissant l'État de droit et en redynamisant les institutions démocratiques", a déclaré Lydia Gall, chercheuse pour l'Europe et l'Asie centrale à Human Rights Watch, dans un communiqué publié cette semaine.

Peter Magyar devrait former son gouvernement d'ici la mi-mai.

(Rédigé par Krisztina Than ; version française Etienne Breban, édité par Benoit Van Overstraeten)

3 commentaires

  • 15:25

    L'épisode Orban montre que même dans un pays démocratique on peut rapidement perdre des droits fondamentaux lorsqu'on porte un parti liberticide au pouvoir. Les Français devraient y réfléchir avant les prochaines élections !


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